NOTES HÉRALDIQUES ET HISTORIQUES. LES PIÊCES HÉRALDIQUES : LES CHEVRONS D'ARGENT
 
NEUFVILLES


 
 

        Ce nom géographique (en 1122 "  Nova Villa ") - qu'il faut naturellement comprendre comme "  nouvelle " ferme ou " nouvelle exploitation rurale " - est un des plus fréquents des pays romans (1).

        Neufvilles est un village situé près de la chaussée Brunehaut. Son nom est mentionné dans une charte de donation faite par Godefroid le Captif à l'abbaye de Saint-Pierre de Gand et datant de 979. En 1122, Burchard, évêque de Cambrai, donna les autels de Jemappes, Bauffe, Lens et de Neuville, sa dépendance, à l'abbaye de Saint Ghislain (2).

        La seigneurie principale de Neufvilles releva de la pairie de Lens, puis de la terre de Berlaimont ; elle appartint, aux XIIe et XIIIe siècles, à des chevaliers qui portèrent son nom. Elle appartint d'abord aux chevaliers de Neuville, puis de 1350 à 1528, aux d'Ittre et Ghislenghien, aux le Flameng jusqu'en 1601, puis aux de Glymes, vicomtes de Jodoigne et, enfin, au XVIIIe siècle, aux d'Auxy. Charles d'Auxy était seigneur de Launois et de Neuvilles en 1777 (3).

        Neufvilles comprenait plusieurs seigneuries : celles d'Hasnon, de Bagenrieux, de Fellignies, de Godémont et, enfin, celle dite Sars-le-Comte, que possédait le comte de Hainaut et dont les échevins se servaient d'un sceau aux armes hennuyères.

        L'origine des fiefs de Sars-le-Comte et d'Hasnon fut le partage d'une partie de la forêt de Broqueroie entre l'abbaye Saint-Pierre d'Hasnon et le comte de Hainaut qui donna ce territoire à défricher aux gens du pays. On y voyait trois châteaux : le château vieux, le château neuf et celui d'Hubermont.

        Le scel échevinal de la seigneurie de Bagenrieux portait, en 1547, l'écu de Jean Fourneau, seigneur de Bagenrieux, à un chevron accompagné en chef de deux têtes de lion affrontées et en pointe d'un membre d'aigle.

        Le sceau des " eschevins de noefvilles ala Srie (de) l'abbaye de hano " était gravé, au XVIe siècle, de deux écus accolés, l'un écartelé à quatre clefs, l'autre à un chevron chargé de deux merlettes et accompagné de trois besants.

        Les sceaux échevinaux de "  Fellegnies et Ghodimont " ont porté, en 1577, l'écu à trois croissants de Arnoul de Grunevelt, en 1641, l'écu semé de billettes à une bande brochante de Charles de Glymes et, en 1654, le lion à la bordure chargée de douze étoiles des Steenhault (4).

        Le scel échevinal de la haute justice de Neufvilles portait l'écu à un chevron accompagné de trois quintefeuilles d'Antoine le Flameng, seigneur de Houtaing (5) . La possession de ces dernières armoiries a été reconnue à la commune de Neufvilles par l'arrêté royal du 21 juillet 1923.

 


 (1) CARNOY : 0. N. C. B., tome 11, p. 496.

(2) CHOTIN: Études étymologiques, pp. 260,261.

(3) MATMIEU Pairie de Silly, p. 49.

(4) PONCELET S. A. H.. tome XXXV, p. 202.

(5) Hospices de Soignies, 3 mars 1565.


Attention ce document est conforme à l'original et il ne contient aucune faute, ne soyez donc pas étonné car ce sont des documents d'époque.
Il provient de l'armorial des provinces et communes de belgique édité par le credit communal de belgique (1955)